Monday, March 12, 2018

L'avenir nous appartient donc à nous de nous donner le meilleur de nous même. Kamtaconstruction vous accompagne dans vos différentes constructions, décoration, finitions.... Je vous réponds ds les adresses : philippekamta60@yahoo.fr, kamtaconstruction@gmail.com, watsap 00393281823791, Instagram ; kamtaconstruction, Facebook kamtaconstruction au sur mon mur privé Le Grand. Ensemble bâtissons un cameroun digne de l'Afrique en miniature.nous sommes disponibles à tout heure rèpondre a vos questions


https://www.facebook.com/pg/philippekamta60/photos/?ref=page_internal




Quel est le rôle du sous-bassement da une fondation ? Peut-on mettre les parpaings à tout moment ? Peut on avoir une conséquence si on supprime les parpaings du sous-bassement à certains endroits ? Les réponses sur les photos suivantes.

suivez-nous sur https://www.facebook.com/philippekamta60/













SUR 10 HECTARES S'ETEND LA PLUS GRANDE FOIRE AGROALIMENTAIRE AU MONDE ,J'Y ETAIS A LA RENCONTRE DE CES CHEFS D'ENTREPRISES!!!!🚜🌍😊!!!!
Nous sommes le 16 novembre 2017 ,qui est le lendemain de l'ouverture de la plus grande foire agroalimentaire au monde ,sur une surperficie de 10hectares(100.000m2) ,la ville de Bologne en italy abritera desormais cette foire et est alimenté uniquement en panneaux solaires photovoltaïques et dans la quelle on retrouve 40 entreprises qui font dans divers departement de l'agroalimentaire.
Du secteur primaire au secteur tertiaire(de la terre aux produits finis),nous rencontrons des entreprises qui font dans la fabrication du vin,du lait,yaourt,elevage de toute sorte,entreprise de voiture,entreprise qui font dans les energies renouvellables.
Moi qui depuis mon enfance avait toujours trouver le secteur industriel,comme un secteur reservée seulement au riche blanc, je me rends compte combien de fois ce secteur est a la fois passionant,porteur,enrichissant dans tout les sens du terme et trouffée de mensonge des industriels😅 qui mentent aux populations consommatrice😑,et de la j'en ressors une fois de plus grandi et confiant puisque j'etais encadré par les meilleurs dans leur domaine😊.
Pour finir je dirai que l'Afrique a beaucoup a nous apporter, et a besoins de la vision et du travail acharnée de ces Fils pour qu'on puisse montrer au monde l'enorme potentiel que regorge l'Afrique dans toute sa grandeur😊.



L’agriculture bio en Afrique: Des enjeux d’une pratique aux impératifs de règlementation

L’agriculture bio, dans un contexte mondial où la dimension environnementale est très présente et très pressante, apparaît comme une véritable alternative, aux enjeux et aux défis multiples. En Afrique, continent où l’intensification agricole, ces dernières années, a impacté négativement la qualité des sols, le bio semble être une aubaine. Il le sera davantage si le défi de la règlementation, clé de l’ouverture vers les marchés mondiaux, notamment ceux des pays développés, sera réussi. Où en sont les pays africains en termes de règlementation de l’agriculture bio? Qui sont les bons élèves africains en la matière? Dossier…
Approche conceptuelle
L’agriculture biologique, plus connue sous le diminutif «bio», est une agriculture qui se pratique sans l’utilisation de produits chimiques ou autres intrants issus d’organismes génétiquement modifiés.  Misant sur l’utilisation de pratiques traditionnelles durables telles que la jachère, l’agriculture biologique fait appel à des substances d’origine organique (animale ou végétale) et à quelques minéraux.  Elle combine alors à la fois les techniques agricoles modernes et les enjeux écologiques, en s’inspirant de l’agriculture traditionnelle
Vu sous cet angle, l’agriculture africaine est fondamentalement biologique : l’utilisation de produits synthétiques tels que les pesticides et les engrais étant peu connue par bon nombre d’agriculteurs africains, les techniques agricoles et de fertilisation des sols restent encore traditionnelles, dominées par les substances d’origine organique.
La certification, quant à elle, renvoie à la «conformité d’une activité avec une norme donnée». Pour le cas de l’agriculture bio, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, les normes sont relatives aux méthodes de production. Dit autrement, «les principes, critères et indicateurs qui balisent les pratiques environnementales liées, entre autres, à la fertilisation du sol, au contrôle des insectes et des maladies, à la manutention des denrées; ainsi qu’aux éléments sociaux de la production ou de la chaîne commerciale comme les conditions de travail, le prix des denrées, etc.». La certification constitue alors en «une procédure par laquelle une tierce partie donne l’assurance écrite qu’un produit, processus ou service est en conformité avec certaines normes».
Radioscopie de la bio dans le monde
En retraçant l’évolution de l’agriculture bio dans le monde, on constate que la barre va crescendo. Selon des études scientifiques réalisées dans ce domaine, la surface mondiale cultivée suivant le mode biologique (certifié et en conversion) est estimée à plus de 37,2 millions d’hectares fin 2011, pour 1,8 millions d’exploitations bio enregistrées dans la même période.
En effet, entre 2000 et 2011, le nombre de fermes bio a été multiplié par 7,2 dans le monde, tandis que la surface mondiale cultivée selon le mode bio a été multiplié par 2,4. Faut-il toutefois souligner que 20 pays seulement, dont l’Australie (32%), Argentine (10%), les Etats-Unis (5%), la Chine (5%) et l’Espagne (4%),  s’accaparent 86% des surfaces bio à l’échelle de la planète, durant cette même année 2011.
En matière de consommation de produits bio, l’Europe (44%) et l’Amérique du Nord (48,5%) représentaient à elles seules plus de 9/10ème du marché mondial.
Par rapport aux marchés des pays occidentaux, le marché africain du bio est globalement peu développé. Les productions bio sont substantiellement destinées à l’exportation, si elles ne servent tout simplement aux cultures vivrières. Même si davantage de terres agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique dans le monde, force est de reconnaître que le pourcentage de l’Afrique reste faible : la superficie des terres d’agriculture biologique en Afrique ne représente que 3% de la superficie mondiale dédiée.
Sur un autre registre, celui de la règlementation, tendon d’Achille du bio africain, seulement 86 pays dans le monde s’étaient dotés de normes réglementaires pour l’agriculture bio en 2011, soit moins de la moitié des pays de la planète. Et la majeure partie de ces pays où la certification bio est encore à la traine se trouve en Afrique.
Cela, bien évidemment, ne doit pas empêcher de voir les réussites opérées par certains pays en la matière à l’instar de l’Ouganda, la Tunisie et l’Ethiopie, entre autres, leaders de cette pratique en Afrique.
Réglementation bio en Afrique : appréhender les enjeux d’une nécessité
La règlementation de l’agriculture biologique en Afrique est la cheville ouvrière pour un rayonnement plus réel et un développement plus concret de cette pratique dans le continent. Lequel développement présente des enjeux de taille pour l’Afrique sur le double plan écologique et économique.
Sur le plan environnemental, l’agriculture bio, tout en garantissant une meilleure autosuffisance alimentaire, est un moyen pour lutter contre la désertification progressive, la dégradation des terres cultivables et l’érosion des sols, entre autres phénomènes environnementaux qui sévissent  sur le continent. Dans ce cadre, il convient de rappeler que l’Afrique compte 500 millions d’hectares de terres arables dégradées.
Dans le versant économique, l’agriculture bio peut être un réel outil de développement en ce sens qu’elle permette aux populations locales d’obtenir une meilleure rémunération de leur travail, les produits issus de ce type d’agriculture offrant de meilleures marges que les produits standards.
L’agriculture étant un secteur vital de l’économie sociale africaine, la promotion du bio, en raison de la forte demande de ce type de produits dans les pays développés notamment, représenterait, d’une part, une source d’entrée de devises grâce aux exportations, et, d’autre part, un moyen pour réduire le taux de pauvreté très élevé du continent via l’augmentation des revenus des paysans.
Mais, cela ne serait possible que si les produits bio africains respectent les normes de certification en vigueur dans ces marchés-là. Autrement exprimé, il faut absolument lever le verrou de la certification des produits biologiques, gage de débouchés sur les marchés internationaux.
Où en sont les pays africains en matière de réglementation de l’agriculture bio? Quels sont les pays les plus avancés dans ce domaine? Comment l’Afrique pourrait réussir le pari de la règlementation pour mieux valoriser ses énormes potentialités en produits bio et exporter davantage son expertise vers les marchés mondiaux les plus prometteurs?
Ces pays africains qui se distinguent…
D’emblée, faudrait-il reconnaître que la réglementation de l’agriculture bio, quoique dynamique dans certains pays africains, est encore embryonnaire à l’échelle continentale, tant le creuset entre les potentialités existantes et la production à l’export est grand. En effet, peu de pays africains se sont dotés de normes biologiques.
Pour repère, en 2007, seule l’Afrique de l’Est disposait d’une norme biologique contraignante en l’occurrence la «norme des produits biologiques de l’Afrique de l’Est» (EAOPS). Cette deuxième norme régionale au monde après celle de l’Union européenne est applicable à l’ensemble des pays de la région.
C’est dire que la règlementation des produits bio est un sujet encore frais pour beaucoup de pays africains. Pour d’autres, qui ont, sans ambages, compris le caractère fondamental de la certification pour exporter vers les marchés occidentaux, ils ont, à des degrés différents, mis en place un cadre institutionnel et réglementaire qui promeut leur agriculture biologique. C’est le cas notamment de pays comme l’Ouganda, le Maroc, la Tunisie, l’Ethiopie et la Tanzanie.
A en croire le apport Organic Word daté de 2013, seuls le Maroc et la Tunisie disposaient, en 2012, d’une règlementation dans la région maghrébine. D’autres pays comme l’Egypte, le Kenya, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Zimbabwe étaient encore, durant cette période, à l’étape d’élaboration et de mise en œuvre.
La Tunisie, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et la Tanzanie sont les pays qui ont les plus grandes superficies agricoles exploitées sous certification biologique, tandis que les pays africains disposant de cahiers des charges officiels de l’agriculture biologique sont la Tunisie, l’Egypte et les pays d’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Burundi).
C’est en Afrique Centrale (Angola, Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, RDC, République du Congo, Sao Tomée-t-Principe et Tchad) que la réglementation de l’agriculture bio est la moins avancée.
D’autre part, en matière de certification des produits, seuls UgoCert (Ouganda) et Certysis (Belgique) étaient accrédités, en 2012, par l’Union Européenne pour certifier les produits d’agriculture biologique provenant de l’Ouganda et de l’Afrique de l’Ouest (Burkina-Faso, Ghana, Mali, Sénégal) respectivement.
L’agriculture biologique en Afrique est davantage consacrée aux cultures de rente telles que les olives (Afrique du Nord), le café, le coton, le cacao et l’huile de palme (Afrique subsaharienne).
L’Ouganda, ce leader africain
L’Ouganda, pays de l’Afrique de l’Est, est aujourd’hui le pays leader en matière d’agriculture biologique dans le continent africain. En effet, en 2003, le pays occupait le 13e rang mondial et le premier rang en Afrique en termes de superficie dédiée à l’agriculture biologique. En 2010, l’Ouganda représentait, à lui seul, 21% des surfaces agricoles biologiques africaines. Le pays dispose également du plus grand nombre de producteurs et détient le système institutionnel le mieux organisé.
Sur le plan de la réglementation, il a été adopté en 2004 une norme ougandaise relative aux produits biologiques, sans oublier l’adoption en 2007 de normes de l’Afrique de l’Est susmentionnées.
Ce développement de l’agriculture bio en Ouganda, fruit d’une volonté politique qui s’était concrétisée en 2009  via l’adoption d’une politique ougandaise relative au bio, démontre, si besoin en est, de l’immense importance qui doit être accordée à la dimension normalisation et certification, car tel est le secret de la réussite de ce pays modèle en Afrique.
Egalement, le cas ougandais montre l’élan de dynamisme que peut donner un système de réglementation et de certification pensé et mis en place à l’échelle régionale comme c’est le cas dans beaucoup d’autres régions du monde telles que l’Union européenne, l’Amérique du Nord, entre autres.
D’ailleurs, à titre illustratif, à partir de 2012, l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique ont reconnu mutuellement leurs normes de certification. Résultat: les importateurs de produits biologiques de chaque pays peuvent désormais acheter des produits biologiques de l’autre pays sans demander une certification nationale !
La Tunisie, ce géant bio du Maghreb
Dans la région du Maghreb, c’est la Tunisie qui règne en maître. C’est vers la fin des années 1980 que remontent les premiers développements de l’agriculture biologique en Tunisie. Mais, ce sera surtout en 1999 que le secteur a connu un réel envol à travers la promulgation de la loi N° 30 du 5 avril 1999, qui marque officiellement la naissance de l’agriculture biologique en Tunisie. Cette loi sera complétée par le décret n°2000-409 du 14 février 2000, fixant les conditions d’agréments des organismes de contrôle et de certification et les procédures de contrôle et de certification dans l’agriculture biologique.
Plus de 10 ans après, la Tunisie est devenue une référence africaine en matière de production bio. Aujourd’hui, il est le deuxième pays exportateur d’Afrique de produits bio et le 24e au niveau mondial en termes de valeur. La Tunisie est également  le troisième pays producteur mondial d’huile d’olive bio, derrière l’Espagne et l’Italie.
Dans ce pays, la superficie des terres agricoles biologiques est estimée actuellement à 400.000 hectares et s’élèverait à 500.000 hectares en 2016, pour un volume de production bio avoisinant, de nos jours, les 265 mille tonnes par an. Il convient de souligner que près de 75% du total des superficies certifiées en Tunisie sont des oliviers et des arbres fruitiers (amandiers et palmiers dattiers).
Tout comme le cas de l’Ouganda, la success-story tunisienne est une résultante d’une volonté politique au plus haut sommet de l’Etat. Une stratégie nationale a été mise au point en matière d’agriculture bio et a abouti à de nombreuses réalisations : parution de textes réglementaires de l’agriculture biologique, création de structures spécifiques de recherche, etc. Sur le plan institutionnel, une commission nationale est en gestation et qui sera chargée de la programmation, de l’évaluation et du suivi des travaux de recherche ayant trait à l’agriculture biologique. L’objectif ultime étant d’instaurer un label bio et de le mieux positionner.
L’huile d’olive, les dattes et les légumes biologiques, tels sont les principaux produits qui se taillent la part du lion dans les exportations tunisiennes de produits biologiques.

Ces verrous à faire sauter

L’agriculture africaine, qui est par nature une agriculture bio, connaît certes un développement notable, mais il faudrait lever un certain nombre d’obstacles pour renforcer la place de l’Afrique dans le rang mondial des pays leaders en produits bio.
Bien évidemment, le premier verrou à faire sauter, c’est celui relatif aux normes de certification pour les ériger au même niveau que les standards internationaux. Une condition sine qua none pour aller à la conquête des très porteurs marchés européens où la demande en produits bio ne cesse d’augmenter.
Aussi, la cherté des processus de certification pour nombreux d’agriculteurs bio africains constitue un réel obstacle au développement de la filière bio africaine. Ce qui conforte la thèse selon laquelle, la réglementation et la certification bio doivent d’abord être le souci des pouvoirs publics au plus haut niveau des Etats africains.
Faut-il fustiger également le fait que les quelques certifications qui proviennent des pays en développement sont rarement reconnues par les pays importateurs, d’où l’importance de veiller à la conformité des lois locales par rapport aux exigences changeantes des marchés européens.
Dans un autre versant, la plupart  des exploitations agricoles d’Afrique travaillent et commercialisent leurs produits individuellement. Il serait, dans ce cadre, opportun de les organiser autour de chaînes de valeur au sein de groupes ou d’associations dans le but de renforcer leur pouvoir de négociation.
Enfin, mettre en place des normes africaines de portée régionale permettrait d’éviter la fragmentation de la filière biologique à cause de l’existence de plusieurs normes nationales.
L’Afrique devrait se penser comme un marché unique. Un marché bio avec une seule norme biologique. Si vraiment elle veut conquérir le marché mondial du bio… !

Friday, May 1, 2015

tous pour l'evolution du continant africain

nord Cameroun 

dimanche 10 mars 2013

ARCHITECTURE TRADITIONNELLE DANS LA REGION DU NORD CAMEROUN



GENERALITES

 






Chef lieu : Garoua
Qautre departement : Bénoué, Faro, Mayo Louti, Mayo Rey.








Le nord Cameroun est d’une richesse architecturale incommensurable. Cette richesse tient à la multiplicité des formes architecturales. On n’en compte une soixantaine au nord de Bénoué sans même descendre dans les variantes dialectales.
L’architecture est le plus souvent l’expression d’une individualisation ethnique.la variété la plus grande se trouve dans les mont Mandara septentrionaux  ou chaque massif tend à déterminer une société ethnique.  L’architecture tend à se simplifier en plaine pour aboutir a une certaine atonité dans aires des états centralisés : Wandala ; lamidats peules. L’habitat apparaît comme une enseigne ethnique. Le stéréotype tribal est parfaitement décelable. En particulier au sein des aires architecturales et ne dépit des phénomènes de mouvement des contenus familiaux.
Il serait difficile de parler de  l’architecture dans le nord Cameroun ethnie après ethnie ou en fonction de du mode d’évolution. On s’en tiendra ici a trois grand groupes ; les montagnards des monts Mandara septentrionaux ; les monts Mandara méridionaux et les Habés de la plaine. L’accent sera mis sur : les formes et les techniques de construction ; les matériaux et leur utilisation dans la construction et les motivations sur les choix des formes deconstructions et des matériaux


ENVIRONNEMENT

Le nord du Cameroun est constitué d'un plateau central de plaines herbeuses. Même si beaucoup de bergers nomades parcourent la région, l'économie de la region est fondée sur L’élevage et la plupart des habitants sont employés dans le secteur de l’elevage. Les friches des terrasses de ce village attendent d'être mises en culture.

HABITAT
LA CASE MUSGUM

La case musgum a une forme architecturale si singulière qu’elle avait marqué André Gide et Marc Allégret lors de leur séjour en Afrique en 1927. Notée par tous les voyageurs et missionnaires comme forme inédite, cette architecture a été attestée dans le nord Cameroun et au Tchad où vivent les Musgum. Véritable curiosité coloniale, elle a suscité de nombreuses descriptions imagées, mais le terme de “case obus” s’est vite imposé à cause d’une métaphore évidente pour les premiers explorateurs, tous militaires.
Ces cases sont construites dans un mélange de terre et d’herbe, sur un plan circulaire, par superposition d’assises successives, pour des unités pouvant atteindre 6 à 15 m de hauteur et un diamètre de 5 à 10 m. Les cases musgum s‘organisent en “concessions” qui regroupent les habitations de plusieurs générations d’une même famille, ainsi que les réserves et les tombes des habitants. Les derniers exemples de ces concessions ont disparu dans les années 1970.





L’HABITATION MAFA

Les Mafa occupent les massifs les plus compacts, les plus centraux et aussi les plus élevés. En matière d’adaptation, le « gay » mafa semble le plus montagnard et, comme dans l’ensemble de ces pays de montagne, le gay est traditionneIIement bâti en position dominante. L’élément fondamental est une enfilade de cases soudées les unes aux autres : le « zolom gay». Une case-entrée, chambre de l’homme, communique avec une case vestibule ou la chambre de la première femme qui renferme aussi son grenier prolongée par une case grenier, souvent à double silos, et qui s’ouvre sur la cuisine. A la case de l’homme peut se greffer la case du bœuf claustré, à celle de la première femme : la bergerie supportant un magasin pour les cendres, lui-même protégé sur ses arrières par les bâtiments indépendants que sont les cases des autres épouses, celles des fils.


L’ARCHITECTURE DES POPULATIONS MUSULMANES
Elle diffère des précédentes en ce qu’elle est a-ethnique ayant subi des influences plus larges. Ces architectures sont plus diversifiées par le « genre de vie » : éleveurs, cultivateurs et à un degré moindre : ruraux, citadins que par l’ethnie.
Les éleveurs arabes Choa du lac Tchad au nord du diamaré ont un type de case (« kouzi ») réservé à une famille. « Kouzi » est vaste et peu dépasser 8m de diamètre. Le toit est un dôme de chaume assujetti sans litages, à la perche. L’armature du toit repose sur une série de 3 ou 4 poteaux qui se déterminent à l’intérieur la place du lit familial. Ce lit est à rapprocher de la tente de nattes des nomades plus septentrionaux. Il conserve un dais de nattes qui couvre une sorte de cage de branchettes, dont les parois servent à exposer une vaisselle-prestige. La moitié de la case sert à entasser des jarres à grains que domine une étagère, la réserve d’eau, les foyers avec plaque foyère et la meule sur tréteaux. L’autre moitié est réservée au bétail, en particulier aux veaux qui, à l’abri des mouches, passent là leur journée pendant la saison des pluies.

Les Foulbé du Nord-Diamaré qui ont vécu au Bornou et à proximité des Arabes Choa, ont adopté à l’usage des femmes un type de case à mi-chemin entre « kouzi » et la case bornouane. Le volume est plus réduit et la disposition intérieure change aussi sensiblement. Le lit de la femme est déplacé sur le côté, protégé par un écran. Un seul poteau mitan soutient le toit par un croisillon qui maintien un tore où prennent appui le haut des perches. Au bas de la charpente, un tore de base extérieur retient le chaume du toit. La case est subdivisé en deux : une partie sablée, « habitation », s’oppose à une partie au sol convexe et avec pieux d’attaches, réservée au bétail. Les cultivateurs présentes des concessions d’une grande atonité architecturale, où transparaissent des convergences de plans. Au nord de l’ancienne extension du Wandala, c’est l’architecture bornouane qui prime, le Wandala étant lui-même un satellite de l’empire de Bornou. Un groupe comme les Mousgoum de brousse (kossa) l’ont également adoptée : lourdes assises de « banko », toiture de chaume non lité, case au sol surcreusé et sablé, même organisation intérieure. Les Mousgoum, leurs voisins du nord, reprennent cette disposition, mais les techniques étaient radicalement différentes : voûte de terre autour-portante, nervurée afin de faciliter la construction et de repartir les eaux de pluie. Ces unités étaient jadis communicantes latéralement. Le grenier central, monté sur un jeu de troncs équarris, était souvent unique.




Chez les mofou la case-entrée, où sont suspendues les armes, est le lieu de repos du chef de famille. Elle débouche sur la case dortoir des femmes, où sont repartis leurs lits et qui se prolonge par la salle des greniers sur laquelle s’ouvre la cuisine de chaque épouse. La pierre est largement utilisée dans cette architecture Mofou,  c’est ainsi que les murs des hommes et celles des femmes sont montées en pierre sèche et par ailleurs la terre est utilisée comme matériaux de crépissage intérieur ou extérieur.
La cuisine de dimension réduite est construite sur socle de pierre et de terre. Le toit est un simple faisceau de perches liées au sommet qui prend appuis sur les minces parois de Banko. L’entrée, au contour ovale est ornée de motif en relief et l’accès est facilité par une marche. A l’intérieur à droite est installé la table de Mouture…les cuisines peuvent être raccordés à la salle des greniers par détroit tambour qui forme ainsi les urinoirs. Leurs murs exposés aux intempéries doivent alors être protégé. A cet effet si les cuisines sont incluse dans l’aire des greniers le système de protection des mur est réglé par des panneaux de vanneries qui, pincé sous le toit des cuisine et de la salle des greniers, aboutissent à un réseau de chenaux en demi tronc évidé, et soutenu par des madriers reliant le haut des murs des cuisines au grenier .
   La cuisine ou « GEDJEK » (groupe se femmes et des enfants) est le domaine propre de la femme et est prolongé par un silo qui lui fait face, le pied du grenier est bâti sur les plaques de pierre puis le corps est monté et ensuite l’étage de bois et de terre où est ménagé une trappe. On façonne alors les bords du hublot et enfin, avec de la glaise, la partie qui nécessite l’intervention d’un spécialiste : la cupule.
 Remarque :  le grenier de l’homme réservé uniquement au sorghos n’est pas cloisonné alors que celui de la femme est divisé en quatre parties ,deux compartiment pour le sorgho et le haricot et deux petits pour le oseille de Guinée, le souchet, les brèdes…l’étage, outre les effets personnels renferme chez l’homme le mil de semence et chez la femme la provision hebdomadaire de sorgho, la calebasse, les parures…
Comme d’autres habitations montagnardes le « ay »Mofou voie se succéder des générations, mais sa durée exceptionnelle s’explique sans doute moins par l’utilisation de la pierre que par la stabilité du parcellaire et le système d’héritage qui donne à l’ainé en même temps que l’habitation l’essentiel de la terrasse qui l’entourent.
Enfin ces concessions montagnardes sont complétées par des espaces matérialisés qui font partie intégrante de l’habitation. La cour d’entrée entourée d’un muret bas de pierre plate encombré d’auvents pendant la saison sèche sera transformée en jardinet de tabac pendant l’hivernage. Les dalles rocheuses aménagées en aire de battages peuvent être utilisé pour faire murir les panicules de sorgho…ombragé, elles font office de lieux de réunion où, tout en devisant on tresse la corde…

MATERIAUX ET TECHNIQUES DE CONSTRUCTION
La pierre : matériau de base de l’architecture

Les massifs montagneux des monts Mandara ont permis la mise en place d’un style architectural essentiellement bâti en pierres. Son utilisation dans la construction a certainement à voir avec la rareté de l’argile et avec la pénurie d’eau dans la région, surtout que le travail architectural se déroulait en saison sèche. En dehors des entraves religieuses, l’environnement naturel n’était pas un obstacle pour se procurer les éléments pierreux indispensables à toutes les options architecturales. Toutes les essences n’étaient cependant pas recherchées pour les besoins de construction d’où la question : comment, dans un univers rocheux diversifié, les Podokwo ont-ils organisé la sélection des pierres d’œuvre architecturale ? Sur quelles bases et avec quels moyens opéraient-ils ce choix ?

Sélection des roches

L’opération de la sélection des roches n’est pas une entreprise accidentellement menée. Elle tient compte de la nature même des roches (leur résistance et leur durabilité). La première démarche consiste dès lors à connaître les caractéristiques physiques de chaque roche. Pour arriver à cette connaissance, les Podokwo procédaient de deux manières : l’observation des roches et le test de leur durabilité. Le contact permanent avec son milieu essentiellement rocheux a permis aux Podokwo d’observer les caractéristiques physiques des roches. Sous l’effet de l’érosion, des eaux de ruissellement et du vent, ils furent témoins de la résistance d’un certain nombre des roches et du caractère vulnérable et fragile d’autres. Ils sont donc arrivés à conclure que telle catégorie des roches est fragile et telle autre est résistante. Cette connaissance par observation des caractéristiques des différentes roches fût transmise de génération en génération par le génie de la tradition orale. La deuxième façon d’aboutir à la distinction entre les roches est le test de solidité. C’est une technique expérimentale qui nécessite des instruments appropriés. Les plus fréquemment utilisés sont la pierre-marteau (une grosse pierre enroulée qui joue le rôle de l’enclume) et le feu. « A l’issu de ce test, explique Malapa Namba, se distinguent nettement les roches qui cèdent facilement à l’action de la pierre-marteau et/ou du feu, et les roches qui résistent pendant longtemps avant de céder »1. La première catégorie des roches se fractionne le plus souvent en plusieurs petits blocs tant disque la seconde se fragmente en deux ou trois blocs. C’est donc à partir des moyens et techniques assez simples que les Podokwo ont pu établir une différence entre les pierres solides et les pierres fragiles. Grâce à la tradition orale et aux entreprises de construction en commun, il n’est pas aujourd’hui besoin de procéder à l’observation et au test de solidité pour distinguer les roches épaisses des roches fragiles.
  
Techniques de transformation

On ne saurait s’attaquer à une roche avec des mains simples. La casse de la pierre requiert toujours l’utilisation d’une technique appropriée. Les Podokwo utilisent la technique du débitage. Elle suppose l’emploi des outils de travail appropriés tel que le marteau. Avant l’introduction du fer dans la région, nos informateurs expliquent qu’on se servait plutôt de grosses pierres enroulées pour fractionner les blocs rocheux. L’utilisation de la pierre-marteau 1 Malapa Namba, 61 ans, Architecte et notable du chef  Podokwo d’Oudjila, entretien du 23 janvier 2008 à Oudjla. Comme instrument de débitage était un exercice épuisant et consommateur du temps. C’est pour cela que dans la société Podokwo, le débitage des roches nécessitait une division du travail par catégorie sociale (Chétima 2006 : 70-2). La casse des roches était l’affaire de ceux qui avaient de l’expérience, comme l’explique Kota ha : « Tout le monde ne peut se livrer à untel exercice car la casse des roches est un travail délicat et sans une moindre possibilité de repentir en cas d’échec. Il implique par conséquent une bonne maîtrise de la forme des roches »2.Pour les blocs résistants au choc de la pierre-marteau, on utilisait aussi le feu pour faciliter leur fractionnement (Seignobos 1982 : 32). Le travail de débitage et de la casse des pierres permettait d’obtenir les dimensions et les formes envisagées (dalles, lames, aplaties…) qui seront affectées à un usage spécifique. La casse des pierres constituait toujours un travail communautaire. C’est l’occasion de se rencontrer avec les autres habitants du village, de prodiguer des conseils aux jeunes, de régler les différends entre les membres de la communauté, de manger ensemble et de renforcer les liens de solidarité ethnique3. La révolution de la technologie de fer a permis plus tard l’introduction d’une gamme d’outils variés pour le travail de la pierre. Le marteau en métal va faciliter l’approvisionnement en pierres et va rendre le travail de débitage moin éprouvant. Son utilisation va ainsi redonner un nouvel élan à ce travail et rendre aisée l’extraction et la casse des pierres. La pointe métallique permet en outre de dégrossir par éclatement les grandes roches et d’obtenir des dalles de pierres qu’on utilise pour construire les socles des greniers.
         
Emploi des pierres dans l’architecture
                         
Il existe un rapport étroit entre les qualités physiques des roches et leur utilisation dans l’architecture. Les Podokwo vont par exemple axer leur choix sur les pierres dotées d’une solidité exceptionnelle (les anotéxistes par exemple) pour bâtir les grandes structures. Par contre la nature calco-alcaline des granites en fait un matériau médiocre (Seignobos 1982 : 32). Tout compte fait, les pierres sont les plus visibles dans l’habitat Podokwo qu’elles sauteraient aux yeux de n’importe quel observateur.2 Kotaha, 67 ans, architecte, entretien du 19 janvier 2008 à Mezhé (Un village Podokwo au Nord - Cameroun). 3 Dans la plupart des sociétés africaines en général, l’architecture constituait un travail communautaire; tous pouvaient être architectes sans exception. Si l’entreprise de construction est exclusivement réservée aux hommesdans les monts Mandara, les femmes se retrouvent aussi sur les lieux de construction pour encourager lesbâtisseurs, préparer la bière du mil et remplir des fonctions d’appui tel que le puisage d’eau.Photo 1 : Des pierres dans l’architecture podokwo
La construction en pierres constitue aujourd’hui le patrimoine culturel le plus apprécié des Podokwo. Ils apprécient surtout leur mur d’enceinte qu’ils trouvent « particulier » dans toute la régiondes monts Mandara. La construction du mur d’enceinte consiste à juxtaposer les pierres lesunes sur les autres et à les disposer avec précision jusqu’à obtenir la hauteur voulue. Lesconstructeurs tiennent cependant comptent de la forme des pierres et de leur dimension. Cellecidiminue au fur et à mesure qu’évolue la construction. Il est donc possible de définir unegrille de dimensions au delà de laquelle toute opération de pose devient onéreuse.
Outre le mur d’enceinte, les Podokwo utilisent les pierres pour construire d’autres structures telles que la case-vestibule, la case du père et les enclos à bétail. Les pierres sont enfin employées pour construire les soubassements des toutes les structures qui composent l’habitat Podokwo. Le soubassement en pierres est une stratégie pour exempter les cases et les greniers des aléas du climat et des effets nocifs des termites. La non utilisation des pierres dans le soubassement a condamné très souvent beaucoup des structures à l’écroulement. Zabga Daniel explique : « il est imprudent de construire le socle d’une case en terre car à certains moments de l’année, l’humidité va pénétrer à l’intérieur et fragiliser la structure. C’est un travail facile certes, mais c’est un risque qu’on prend ». 44 Zabga Daniel, 63 ans, Pasteur, entretien du 14 mars 2006 à Godigong. La construction des cases en pierre se justifie clairement : en plus du fait que la pierre était directement fournie par la nature, elle est dans l’imagerie des Podokwo symbole du prestige de l’autorité. Dans cette perspective, le domaine de l’homme était toujours bâti en pierres : « L’homme ne doit pas vivre dans une maison d’argile. Cela ne lui ressemble pas»
explique un informateur qui répondait à une de nos questions qu’il trouvait d’ailleurs banale. Les changements opérés à la suite de la descente en plaine vont déstructurer la société Podokwo. La descente en plaine fut impulsée par les instances nationales dans les années 1960-1970 (Boutrais 1973 : 59). Il y’ eut certes une première tentative opérée par l’administration coloniale française dans les années 1920 – 1925 (Seignobos 1982 : 79).
Celle-ci s’est soldée par un échec devant le refus manifeste des Podokwo encore hantés par la peur de vivre en plaine. La descente en plaine fut une opération lourde de conséquences au plan architectural dans la mesure où ce sont les jeunes, par ailleurs constituant la force vive de la société, qui vont accepter de vivre en plaine. Ce qui va dès lors sonner le glas des maisonsen pierres et du mur d’enceinte en particulier. Sarva Ragwa justifie également le rejet de la pierre d’une autre façon : « La sècheresse et la pauvreté du sol ont entraîné la diminution des récoltes ce qui fait en sorte qu’une famille arrive à peine à se nourrir et par conséquent, elle ne peut plus fournir suffisamment de la nourriture et de la bière du mil lors des travaux            communautaires d’où son abandon. Or, la construction en pierres ne peut être l’affaire d’une ou de deux familles. Elle implique toujours une force commune du travail ».5
La pierre n’a pas pourtant complètement disparu. Elle reste encore un matériau noble et apprécié par tous pour sa valeur symbolique. Les Podokwo lui attribuent des vertus protectrices et en ont fait le symbole de la richesse et de la puissance.

Le bois : une sélection pour la longévité des structures

L’arbre joue un rôle important au sein de la société podokwo. La vie chez le montagnard est étroitement liée à la plante, d’où la place de choix qu’elle occupe dans cette société. Le couvert végétal procure par exemple alimentation, parure, remède et outils agricoles. On s’en sert aussi pour fabriquer les instruments de musiques (tambours, guitares traditionnelles…) et divers objets d’usage domestique (récipients en bois, breuvages pour bétail, fermeture des structures, bois de chauffage…). Dans le travail architectural, l’arbre fournit surtout des perches qui constituent la charpente de la toiture. Cependant, comme c’est le cas avec la pierre, le bois n’était pas directement affecté à un usage architectural au hasard. Il fallait 5 Sarva Ragwa, 61 ans, cultivateur, entretien du 11 mars 2006 à Slalavada. D’abord sélectionner les essences en fonction de leurs propriétés physiques et de leur résistance.

Sélection des espèces végétales

Les monts Mandara est un véritable parc arboré où les arbres jouissent d’une gestion méticuleuse. Certains auteurs pensent qu’il s’agirait d’une sélection réalisée par l’homme parmi les essences à une époque ancienne pour servir soit comme arbre de régénérescence pédologique, soit comme arbre fournisseur de bois d’oeuvre architecturale (Pélissier 1980 : 133). Tous les arbres n’étaient pourtant pas sélectionnés pour les besoins de construction. Les critères de sélections étaient, entre autres, leur degré de résistance et leur morphologie. L’instrument de test de solidité est la hache. C’est en fonction du temps mis pour abattre un arbre qu’on arrive à apprécier son degré de résistance. L’arbre qui cède facilement à l’action du bûcheron est considéré « léger » et, par conséquent, les Podokwo estiment que sa longévité pourrait être réduite sous l’action néfaste des insectes xylophages et de l’humidité. C’est le cas par exemple du Federbia albida qui tombe aisément après quelques coups de hache du bûcheron. En revanche, l’arbre qui ne cède que difficilement à l’action du bûcheron est doté d’une ténacité qui lui permet de résister longtemps aux piqûres des certains insectes. C’est le cas du Terminalia browni.Donnez aussi le nom local de cet arbre en plus de son nom latin puisque c’est aussi pour les Podokwo que vous écrivez cet article. Dès lors, l’essence concernée est classée et sa destination à un usage architectural spécifique est entérinée et perpétuée6.

Une autre méthode pour consacrer le caractère résistant d’un arbre est l’observation. Après l’abattage, on peut en effet observer la durée de la décomposition d’un arbre sous l’action conjuguée des agents biologiques (termites, champignon, insectes divers…) et des agents écologiques (humidité). La vitesse de décomposition de certains troncs d’arbres et branches ont permis de tirer des conclusions sur leurs caractéristiques physiques et d’établir une distinction entre les bois mous et légers d’une part, et les bois solides et résistants d’autre part. Cette distinction désormais établie continue d’influer sur le choix des essences ligneuses et d’orienter les Podokwo vers les arbres susceptibles de leur procurer des bois les plus adéquats pour leurs besoins de construction. De ce fait, sont devenus, du fait de leur résistance naturelle, les bois de premiers choix le Terminalia brownii et le Zizyphus
6 Pareil chez les Bamiléké, un peuple vivant à l’Ouest du Cameroun. Cette région étant exceptionnellement pourvue en bois, ses habitants connaissaient tester les qualités et les défauts d’un arbre en vue d’effectuer leur choix (Nizésété 1992 : 75-84). mauritania. LeTamarinus indica est certes abondant dans la région, mais pour les perches de soutènement et les bois de la charpente, les Podokwo lui préfèrent le Terminalia brownii. Le
Federbia albida n’est pas apprécié à cause de sa vulnérabilité face aux attaques des insectes xylophages.

La qualité du bois ne dépend pas seulement de l’essence végétale de laquelle il est issu, mais aussi de son emplacement géographique. Selon nos informateurs en effet, les bâtisseurs podokwo estiment résistants et solides les arbres situés sur des sites en altitudes (au sommet d’une montagne par exemple) car ce site offre des conditions favorables pour qu’un arbre produise de bons bois architecturaux. Pour assurer une bonne continuité des espèces
végétales, les Podokwo ont en outre mis en place la culture en terrasses. La terrasse protège les arbres de l’érosion agressive dans les zones montagneuses (Yengué et Génin 2006 : 2)7.Cultures en terrasses chez les Podokwo protégeant les espèces végétales

Le travail du bois

Le travail de transformation des branches et des troncs d’arbres en matériau de construction est moins épuisant que celui de la pierre. L’instrument approprié pour la coupe 7 Les terrasses sont les caractéristiques de tous les paysages des monts Mandara. Partout dans ces montagnes se succèdent ces petites terrasses, de bas en haut, ressemblant à de petits murets en pierres et dont la hauteur correspond à la raideur de la pente. L’objectif de la terrasse est de lutter contre l’érosion du  sol, la disparition des espèces végétales et de garantir la fertilisation du sol. Selon nos informateurs, les terrasses  seraient l’héritage des peuples plus anciens et rappelleraient ainsi une occupation ancienne des Monts Mandara. est la hache. Les informations recueillies ne permettent pas de soutenir l’hypothèse de l’utilisation ancienne de la pierre aigue comme outils pour la coupe d’arbre et la tradition orale ne remonte guère à la période d’avant l’introduction du fer dans la région. Le travail du bois commence par l’abatage de l’essence végétale. On distingue la coupe au niveau du sol et l’ébranchement.La coupe au niveau du sol consiste à provoquer une entaille sur le tronc de l’arbre au moyen d’une hache. Par la suite, la machette achèvera l’opération jusqu’à ce que l’arbre bascule. Pour les arbres dotés d’une gabarie exceptionnelle, la technique de l’abatage consiste à couper les racines qui fixent l’arbre au sol et quelques – uns le basculent dans la direction désirée. Le tronc d’arbre servira par la suite à la fabrication des mobiliers tels que les tambours, les lits en bois, les mortiers, les fermetures de différentes structures… La coupe par ébranchement consiste par contre à cibler les arbres correspondant plus ou moins à l’usage que l’on voudrait et de l’émonder au moyen d’une hache ou d’une machette.
Ce qui permet à l’artisan podokwo de se souscrire des exercices rudes et éprouvants. Généralement, les bois obtenus par ébranchement sont les perches pour la charpente, les piliers et les poteaux de soutènement, les pieux d’angles… La coupe d’arbre se déroule généralement en saison sèche car les arbres sont alors presque hors sève. Après la coupe, les bois sont assemblés sur des rochers ou entre les murs des cases pour permettre un bon séchage. Pour certains informateurs, le séchage du bois est indispensable pour la bonne santé du bois. Zabga Daniel explique en effet « Il existe des bois qui se déforment pendant le processus de séchage. S’ils sont employés comme bois de charpente étant humides, ils prédisposent le toit de la case à l’écroulement. En plus de cela, le bois humide est l’objet d’attaque des divers insectes qui réduisent la durée de vie de la Case ».


Utilisation du bois dans l’habitat
   La distinction entre bois dur et bois léger influence son utilisation dans l’architecture. Les bois pour la toiture des cases sont recherchés sur les essences qui offrent des branches dotées d’une bonne propriété mécanique et suffisamment longues, rectilignes et saines. Ces bois sont, au fur et à mesure qu’ils sont posés sur le mur de la case, liés de bas en haut par des ceintures circulaires (3 à 5 en fonction de la dimension de lacase). Après l’obtention de la charpente en bois, on procède à l’effilement en tiges de mil pour obtenir la toiture de la case.


La toiture a une durée maximale de cinq ans. Après cela, les bois de la charpente doivent être renouvelés car ils sont le plus souvent victimes des attaques diverses de la part des insectes xylophages. Cependant, en raison de la démographie galopante et de la rigueur du climat, les espèces végétales performantes se raréfient de plus en plus. Ce qui amène à cerner les problèmes liés à l’environnement dans la modification du style architectural dans les monts Mandara. L’écologie pose en effet le problème d’accès aux ressources végétales qui se raréfient avec la sècheresse de plus en plus accrue doublée par la démographique galopante.

La dégradation de l’environnement végétal va favoriser l’usage de nouveaux matériaux de construction tels que les planches et les bois disponibles dans les magasins. Ils vont ravir au  bois traditionnel la primauté dans la confection des toits des différentes 

L’argile : priorité à la terre termitière

Étant à la disposition de tous, la terre est le plus ancien des matériaux de construction et reste très présente dans le monde et surtout en Afrique. Parmi les réalisations en terre, on peut citer les cases-obus des Musgum à l’Extrême-Nord du Cameroun, les lamidats peuls du Nord-Cameroun, les célèbres cases traditionnelles dans les monts Mandara, les mosquées et villes du Mali (Djenné, Tombouctou et Gao). Au Moyen-Orient et au Maghreb, on peut citer les médinas et les architectures islamiques. En Europe également l’architecture de terre est présente. C’est le cas des bourrines vendéennes et de nombreuses fermes et habitations en Espagne, au Portugal et en Italie. Aujourd’hui, une centaine de bâtiments et monuments en terre sont inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans les monts Mandara, on doit surtout s’étonner de comment, dans un environnement aussi montagneux, la terre s’est inscrite comme un des matériaux les plus prisés pour la construction.

Choix du sol

On distingue dans les monts Mandara plusieurs types de sols entre autres les sols argileux, les sols sablonneux, et les sols granitiques. Cependant, tous ne se prêtent pas au travail architectural. Les sols granitiques plus abondants, sont par contre inaptes pour les besoins de construction. Les sols argileux sans un mélange de sable provoquent le fendillement du mur, alors que les sols sableux se détrempent assez rapidement sous les averses. Ce sont les sols argilo-sableux qui sont par conséquent recherchés pour la construction des structures en terre. Mais ces sols sont rares et il faut parcourir plusieurs kilomètres à leur recherche. Les Podokwo accordent surtout la priorité à la terre termitière qui contient un mélange d’argile et de sable nécessaire pour assurer à la case une bonne tenue.



Procédé de transformation

L’un des grands atouts de l’architecture de terre tient à sa simplicité. Etant facile à mettre en œuvre, l’argile reste apprécié par les bâtisseurs podokwo. Son extraction du sol se fait au moyen d’une pioche. La technique de transformation est celle du modelage. Elle consiste à pétrir l’argile auquel on ajoute de la paille. L’objectif est de dégraisser l’argile riche en mortier naturel pour éviter aux cases les fendillements au cours de leur séchage. La paille constitue ainsi le dégraissant et donne au mur plus de tenu contre les averses. Le torchis ainsi obtenu n’est pas directement utilisé pour construire les édifices. Il doit être laissé à l’air libre pendant deux jours avant d’être remouillé. L’argile présente aussi l’avantage d’être utilisable à plusieurs reprises. Par exemple, en cas d’écroulement d’une structure, on peut à nouveau récupérer le torchis, l’humecter d’eau à nouveau et le dégraisser en y ajoutant un mélange de paille. C’est donc une matière susceptible de réutilisation, ce qui constitue évidemment un autre atout.

 Utilisation du torchis dans l’architecture

L’utilisation du torchis dans l’architecture est variée. On s’en servait pour construire les cases (chambres des fils pubères, chambres des épouses et leurs cuisines) et les greniers. On l’utilisait aussi pour construire la table meulière et pour le polissage des structures. La technique d’élévation du mur de terre consiste en une juxtaposition des couches d’argiles qu’on dispose de manière oblique jusqu’à obtenir la hauteur désirée. Le torchis est longuement malaxé, aplani et modelé par la paume des mains avant d’être enroulés en spirales superposées (Benoît 1957 : 89). On peut aisément mesurer la hauteur de la case et du grenier podokwo sur la base des juxtapositions des couches d’argile. Les constructions en argile quoique appréciées étaient cependant réservées aux femmes.
L’argile symbolise la soumission, la docilité et la servilité. C’est la raison pour laquelle les chambres des hommes étaient construites en pierres tant dis que celles des épouses étaient en argile. Plus que des maisons faites de pierres et de terre, celles-ci sont dès lors un espace de représentation des identités sexuelles et sociales au sein d’une famille. Dans cette perspective, les femmes et les enfants en bas âge avaient leurs demeures dans des cases d’argile. «Les femmes sont fragiles comme de l’argile, c’est pourquoi on les fait habiter dans des cases d’argile », me confient régulièrement mes informateurs lors des enquêtes de terrain. Les 9 spirales d’argile superposées ont presque la même longueur et la même hauteur.
Lorsqu’on veut déterminer la hauteur d’une case, il suffit de compter le nombre des superpositions des spirales en torchis. cases en argile restent pourtant appréciées pour leur qualité de régulateur thermique. Le mur en terre crue agit en effet comme un « climatiseur » naturel et permet à la case de rester fraîche pendant que le dehors est embrasé. A l’inverse, pendant les périodes de fraicheur, elle emmagasine la chaleur de la journée pour la restituer au cours de la nuit.

PROBLEMES LIES A L’ARCHITECTURE DU NORD

L’ architecture du nord Cameroun fait face à de nombreux facteurs qui concourent à la dégradation de ses ouvrages tels la nature qui se manifeste par « l’harmattan » qui est un vent violent provenant du désert, ainsi que les pluies torrentielles et le soleil, ainsi que l’action de l’homme

CONCLUSION
 L’Habitat traditionnel du peuple du nord Cameroun, est un Patrimoine sans frontières et ses partenaires ont participé a la sauvetage d’une architecture et d’un savoir-faire ancestraux